Dans un entretien accordé à L’Observateur, Abdoulaye Baldé, leader de l’Union centriste du Sénégal (UCS), livre une analyse très critique de la situation actuelle du Sénégal. Il dénonce une « profonde dégradation de la situation socio-économique et institutionnelle » et estime que les tensions au sommet de l’État rappellent, par leur gravité, la crise de 1962 entre Senghor et Mamadou Dia.
Sur le plan économique, l’ancien maire de Ziguinchor juge la situation « catastrophique ». Il évoque des indicateurs macroéconomiques au rouge, l’arrêt de plusieurs programmes de développement, le recul des investissements et la dégradation du climat des affaires. Pour lui, les difficultés des ménages sont la conséquence de « tâtonnements », de diagnostics imprécis et de politiques publiques mal orientées. Il appelle à soutenir la production nationale, les PME et l’emploi des jeunes et des femmes, tout en accélérant l’industrialisation et la transformation locale des ressources.
Abdoulaye Baldé s’inquiète également du bras de fer entre l’Exécutif et le Parlement. Il estime que « notre démocratie ne peut pas fonctionner durablement dans la confrontation permanente entre les institutions ». Il appelle à dépasser la logique de « majorité contre opposition » et à replacer l’intérêt du Sénégal au centre de l’action politique. Il dénonce un « ping-pong institutionnel » alors que les populations font face aux inondations, à la cherté de la vie et aux difficultés dans les hôpitaux.
Revenant enfin sur les fortes pluies qui ont frappé Dakar et plusieurs régions, le leader de l’UCS exprime sa compassion aux familles touchées et appelle l’État à déclencher rapidement le Plan ORSEC. L’urgence, insiste l’interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias, est de « sauver des vies et de soulager les souffrances » des populations sinistrées.
✍️ L’Observateur

