Le plus petit franc dépensé du Trésor public doit pouvoir être justifié sans problème aux millions de Sénégalais qui, par l’accumulation de leurs impôts, financent le budget de l’Etat. Les corps de contrôle et l’Assemblée nationale sont là pour jouer ce rôle de vigie.
Figurez-vous qu’entre 2018 et 2023, aucun rapport de la Cour des comptes n’a été rendu public pour permettre aux Sénégalais de savoir comment étaient gérées leurs finances. Macky Sall, tout-puissant président de la République, donnait ainsi implicitement carte blanche à ses ministres et DG de faire ce que bon leur semblait de l’argent du contribuable, à travers des passations de marché et autres dispositifs de gestion susceptibles d’aboutir à des détournements de deniers publics.
Le seul rapport de la Cour des compte qui a été publié pendant cette période de « trou noir » est le rapport SPÉCIAL sur la gestion du Fonds Force Covid-19. Et c’est parce que les PTF comme le FMI l’avaient exigé, compte tenu des fonds qu’ils avaient mis dedans.
Dans un tel pays, où depuis des décennies, sont entretenus et normalisés, par le biais d’un lexique administratif et financier complexe, des systèmes opaques de détournements, surfacturations, blanchiment, l’exercice qui se déroule actuellement à l’Hémicycle, à travers les auditions filmés et diffusées en direct, d’hommes et de femmes ayant géré ou gagné des marchés publics, est une grande avancée.
Ce qui se passe sous nos yeux est ce qui aurait dû se passer depuis les années 80. Et c’est là tout le mérite de Pastef et de ses députés de permettre aux Sénégalais de comprendre, dans leur langue nationale, ce qui empêche Goorgorlou de profiter de la sueur de son front.
Si toutes les Législatures avaient fait le même exercice, beaucoup d’auteurs d’actes de gestion répréhensibles seraient dissuadés rien qu’en pensant à ce moment fatidique où ils rendraient compte en mondovision. Vivement d’autres Commissions pour d’autres auditions jusqu’à l’extinction du soleil. Merci à la 15e Législature. Merci à Pastef !
Ayoba ✍🏽

