La sortie de Hawa Abdoul Ba, responsable politique du PDS, donne une nouvelle dimension à ce questionnement. Invitée de Walf TV, elle dit craindre que sa formation ne finisse par se ranger derrière le mouvement associé à Bassirou Diomaye Faye, sans obtenir de contrepartie politique équivalente.
« J’ai senti le rapprochement et je l’ai dénoncé en disant que ce rapprochement m’inquiète et m’effraie, parce que je me suis dit encore une fois que le PDS ne va pas se ranger derrière Kiraay, parce que je ne vois pas Kiraay se ranger derrière le PDS », déclare-t-elle.
Derrière cette inquiétude se dessine une question essentielle : pourquoi le PDS ne s’oppose-t-il pas plus clairement au président de la République ? « On est au pouvoir ou dans l’opposition. Pourquoi le PDS ne s’oppose pas à Diomaye Faye ? », interroge la responsable politique, qui reproche également au chef de l’État de ne pas avoir respecté certaines de ses promesses de rupture.
Le PDS, un allié potentiel dans le bras de fer avec Sonko ?
Cette interrogation prend tout son sens dans le contexte actuel. Depuis la dégradation des relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, les équilibres politiques évoluent et chaque rapprochement peut être interprété comme un signal stratégique. Le PDS, formation historique de l’opposition, pourrait représenter un interlocuteur de poids pour un président soucieux de consolider son propre espace politique.
Les positions du parti libéral sur certaines réformes institutionnelles ont d’ailleurs révélé des convergences ponctuelles avec celles du chef de l’État, notamment dans le contexte du désaccord avec Pastef. Mais cette proximité ne suffit pas à démontrer l’existence d’une alliance durable.
Pour Karim Wade, un dialogue renforcé avec la présidence pourrait offrir une occasion de revenir au centre du jeu politique. Pour Bassirou Diomaye Faye, un rapprochement avec les libéraux pourrait contribuer à modifier les rapports de force face à son ancien allié.
Reste une inconnue majeure : existe-t-il des engagements réciproques derrière ces contacts ? En l’absence d’éléments publics établissant un accord, le supposé « deal » demeure une hypothèse. Mais l’inquiétude exprimée par Hawa Abdoul Ba révèle déjà un enjeu : celui d’un PDS sommé de clarifier son positionnement entre opposition autonome et convergence stratégique avec le président.
✍️ Diack Sall

