Je n’ai pas consulté le relevé officiel des votes de l’Assemblée nationale, je peux donc me tromper sur le nombre, mais si je ne m’abuse, entre le 1er juin et le 20 octobre 2026, la majorité Pastef a voté les 3 projets de loi présentés et défendus par le gouvernement. Sur la même période, l’Exécutif a contesté, auprès du conseil constitutionnel, un projet de modification de la Constitution et les 3 propositions de loi portées par la majorité.
Ousmane Sonko a donc tenu promesse, lors de son installation à la tête de l’Assemblée nationale il avait dit: « la majorité ne serait jamais une arme politique destinée à paralyser l’Exécutif. Elle soutiendrait toute initiative gouvernementale allant dans le sens des intérêts du peuple sénégalais». Pastef n’a jamais utilisé sa majorité parlementaire comme un instrument de blocage systématique de l’action gouvernementale.
Mais, Ousmane SONKO, lors de ce discours inaugural, avait également posé une ligne rouge : « Pastef ne serait jamais complice d’une restructuration sauvage qui ferait payer aux Sénégalais les erreurs et les errements de leurs dirigeants». Là aussi il a tenu promesse !
Hier, lors de son point de presse, il a réaffirmé cette ligne avec force et arguments. Il a mis en évidence les risques que comporte la loi de finances rectificative (LFR) 2006, qui porte en elle les germes de restructuration ou d’un ajustement structurel qui va avoir des conséquences extrêmement lourdes pour notre peuple.
Voila pourquoi Pastef ne votera pas cette loi en l’état. Non par esprit de confrontation, encore moins par volonté de bloquer l’action gouvernementale, mais parce les intérêts du peuple sont en jeu.
C’est aussi précisément pourquoi Sonko tend la main à l’Exécutif et l’invite au dialogue afin de trouver un compromis qui permette de préserver nos ressources, de redresser nos finances publiques sans sacrifier le pouvoir d’achat et l’investissement.
Le choix appartient désormais à l’Exécutif. Il peut dialoguer et rechercher un compromis, ou délibérément choisir l’affrontement au détriment de l’intérêt général.
S’ils refusent la main tendue, si par orgueil, ils s’entêtent dans des choix qui sacrifient les populations, alors une partie des Sénégalais qui doutaient encore de leurs intentions sauront qu’Al Aminou Lo et Bassirou Diomaye Faye travaillent définitivement pour les institutions financières internationales et les grands groupes financiers au détriment du Sénégal et de son peuple.
Le temps est notre meilleur allié !
Ibrahima Khalil Touré

