El Hadj Abdoul Aziz Gning, commandant de la Brigade de recherches de Keur Massar, tombeur du réseau Pape Cheikh Diallo et Cie
« Ce qui me plaît dans cette histoire… »
Discret, méthodique et peu bavard, El Hadj Abdoul Aziz Gning est l’homme du moment. Le Commandant de la Brigade de recherches de Keur Massar tient les manettes des opérations de démantèlement du réseau lié à l’affaire Pape Cheikh Diallo. Source A, qui est allé rendre visite à ce militaire décrit comme un laboratoire de technicité en termes de recherches et d’investigations, a tenté de lui soutirer quelques mots. Mais ce fut un exercice de funambule. Car l’un des pandores les plus craints, depuis l’affaire Pape Cheikh Diallo et Cie, est très avare en confidences.
Dans les locaux de la Brigade de recherches de Keur Massar, l’ambiance est presque ordinaire en cette soirée du mardi 31 mars 2026. À l’accueil, quelques gendarmes, scotchés devant le téléviseur, suivent avec attention le match Sénégal–Gambie. Mais derrière cette apparente accalmie, une autre bataille se joue, plus discrète, plus exigeante. Dans son bureau, le commandant de brigade, appelé ici simplement « CB », ne connaît aucun répit.
BR de Keur Massar : immersion dans le bureau du commandant qui a fait tomber le réseau Pape Cheikh Diallo et sa bande
Assis derrière son écran d’ordinateur, El Hadj Abdoul Aziz Gning relit minutieusement des procès-verbaux. Concentré, il enchaîne les dossiers, recevant par moments des enquêteurs, donnant des instructions, corrigeant, ajustant. Il est près de 20 heures lorsque le reporter de Source A frappe à sa porte. « Entrez », lance-t-il, sans lever totalement les yeux. Reconnaissant la silhouette du journaliste, il ajoute calmement : « Revenez après la prière de Timis, le temps que je termine de revoir un PV. »
Commandant Gning : « Mon portrait ? C’est ce que tout le monde cherche… »
À 19h30 passées, après la prière, le commandant sort enfin de son bureau. Entre les mains, une pile de documents. Encore des procès-verbaux. Il les dépose dans le bureau des enquêteurs, preuve que le travail ne s’arrête jamais vraiment. En revenant vers l’accueil, il aperçoit le reporter de Source A. « Vous êtes assis là ? Venez à mon bureau… mais vous avez une minute. » Une minute. Pas plus. Mais suffisante.
« Je suis El Hadji Abdoul Aziz Gning. Écrivez simplement ça en grand caractère (Rires). Je suis le commandant de la Brigade de recherches de Keur Massar, à ne pas confondre avec Tine… »
Le journaliste en profite : « Mon Commandant, les Sénégalais veulent mettre un visage sur votre nom. Peut-on faire votre portrait ? » Un léger sourire apparaît sur son visage. « Mon portrait ? C’est ce que tout le monde cherche… » Le reporter enchaîne, avec un brin de malice : « On vous confond même sur les réseaux sociaux avec un certain Calaw Tine… » Cette fois, le commandant sourit franchement. « Oui, j’ai bien remarqué. C’est ce qui me plaît dans cette histoire. Mais je suis El Hadji Abdoul Aziz Gning. Écrivez simplement ça en grand caractère. Je suis le commandant de la Brigade de recherches de Keur Massar, à ne pas confondre avec Tine… » Il s’arrête là. Pas un mot de plus. On vient de lui présenter un mis en cause perdu dans une affaire 1Xbet…
L’entretien est terminé. Déjà, son attention retourne vers l’écran où défilent d’autres dossiers. D’autres affaires. D’autres vérités à établir. C’est dire que dans l’ombre des projecteurs, El Hadj Abdoul Aziz Gning continue son travail, imperturbable.
Amadou DIA Source A

