Le combat contre le phénomène de l’homosexualité, considéré comme acte contre-nature au sens de la loi pénale sénégalaise, exige discernement et mesure.
Au-delà de la répression de l’acte, notre action commune doit davantage intégrer les dimensions sociologiques et anthropologiques du phénomène.
À ce titre, les professionnels des médias, ainsi que les porteurs de voix, ont une responsabilité majeure : éviter toute banalisation.
Prudence et mesure dans le traitement médiatique!
La sensibilité de cette question a longtemps conduit les Sénégalais à en faire un sujet tabou. Par décence, certes, mais aussi pour ne pas susciter une curiosité malsaine.
En parler excessivement pourrait contribuer à banaliser l’infraction.
Dans ce contexte, certains modes de médiatisation, notamment autour d’événements à forte portée symbolique ou controversée, peuvent accentuer la visibilité du phénomène et influencer progressivement sa perception sociale.
D’où la nécessité d’un traitement mesuré, responsable et conforme aux valeurs sociétales majoritaires.
Il importe également de rappeler que toute personne mise en cause est seule responsable de ses actes, indépendamment de ses appartenances ou de sa foi.
Ces situations ne sauraient donc servir de prétexte à des insinuations ou à des attaques dissimulées contre des croyances religieuses.
De même, sur le plan strictement juridique et médiatique, l’usage de certains termes pose problème.
Dans le contexte sociologique sénégalais, qualifier de “couple” deux personnes de même sexe apparaît impropre, voire inadmissible.
Il serait plus rigoureux de recourir à des formulations neutres, telles que :
«le mis en cause X entretiendrait une relation contre-nature avec le mis en cause Y».
Enfin, il est impératif de rester vigilant quant à l’impact de ces dynamiques sur l’éducation et la formation des plus jeunes.
La protection des repères éducatifs et des valeurs sociales constitue une responsabilité collective qui ne saurait être négligée.
Maître Tanor DIAMÉ, Greffier.

