Valérie Émilie Joséphine Leres Bishop, ex-épouse de l’ancien footballeur international El Hadji Ousseynou Diouf, était ce mardi au tribunal d’instance de Dakar. Agissant en sa qualité de représentante de sa fille mineure K. D. Diouf, elle reproche à El Hadji Diouf la violation des dispositions de l’article 351 du Code pénal. « En termes clairs, le refus de s’acquitter de son obligation de paiement d’une pension alimentaire résultant d’une décision de justice est un délit intentionnel, puisque l’auteur de l’infraction ne peut invoquer l’ignorance, la paresse ou l’insolvabilité ».
Après plusieurs renvois, le procès s’est tenu sans la comparution du prévenu, El Hadji Diouf.
Les griefs de la partie civile
Selon les termes de la citation directe introduite par la partie civile, un jugement rendu le 12 juillet 2023 par le tribunal d’instance hors classe de Dakar avait prononcé le divorce entre les deux ex-époux aux torts exclusifs de l’ancien footballeur pour injures. La juridiction avait, dans la même décision, confié la garde de leur fille à sa mère et fixé une pension alimentaire mensuelle de 500 000 FCFA, en plus des frais médicaux, pharmaceutiques et scolaires.
Cependant, la partie civile soutient que l’ancien joueur ne se serait pas acquitté de cette obligation. Elle affirme que l’ex-attaquant des Lions du Sénégal cumule aujourd’hui 9 000 000 FCFA d’arriérés de pension alimentaire pour la période allant de mars 2024 à septembre 2025, sans compter les mois à échoir. À cela s’ajoutent 559 200 FCFA correspondant à des frais de repas engagés pour l’enfant.
Le fondement juridique et les réquisitions
Dans la citation directe, le conseil de la plaignante, Me Cheikh Sy, s’appuie sur l’article 351 du Code pénal, qui réprime le refus de paiement de pension alimentaire lorsqu’une personne, au mépris d’une décision de justice, s’abstient volontairement pendant plus de deux mois de s’acquitter des subsides fixés par jugement.
L’avocat estime que le double Ballon d’or africain dispose pourtant des moyens nécessaires pour honorer ses obligations, évoquant notamment ses revenus issus de contrats publicitaires, ses activités au sein de la Fédération sénégalaise de football, ainsi que des revenus locatifs.
En conséquence, il demande au tribunal de déclarer El Hadji Ousseynou Diouf coupable du délit de refus de paiement de pension alimentaire. Il a sollicité également sa condamnation au paiement des arriérés de pension, des frais exposés pour l’enfant, ainsi que 10 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts.
Le procureur a requis l’application de la loi pénale. L’affaire est mise en délibéré au 12 mai 2026.
Auteur: Doudou DIOP

