Sénégal, par dignité et pour notre souveraineté
Dans une contribution parue au journal Le Soleil du 29 janvier 2026, j’ai exposé les contraintes inhérentes à une restructuration de la dette publique du Sénégal en particulier l’impossibilité de mettre en œuvre le Projet PASTEF, plébiscité le 24 mars 2026, décliné dans l’Agenda national de transformation Sénégal 2050 et qui vise à bâtir un pays souverain, juste et prospère.
De même, dans un autre article publié par ledit journal, je me suis légitimement interrogé sur l’attitude du Fonds Monétaire International (FMI) à l’égard du Sénégal. En cherchant à imposer une restructuration de la dette du pays, le Fonds donne l’impression de vouloir l’asphyxier pour éviter à tout prix un « cas d’école sénégalais ».
Peut importe la pertinence des mécanismes déployés par l’Etat du Sénégal afin de sortir de la crise de la dette tout en maintenant un niveau soutenu de financement et d’investissement publics !
Il semble que le gouvernement soit aujourd’hui confronté à l’adversité de plusieurs acteurs politiques et institutionnels qui souhaiteraient voir le Sénégal échouer dans sa quête de souveraineté. Ces acteurs principalement internationaux, mus par la seule volonté de nous maintenir dans une dépendance, une domination néocoloniale, avaient coché ce mois de mars 2026 comme une étape majeure au bout de laquelle ils auraient toute latitude pour nous imposer des politiques économiques rétrogrades.
En effet, pour le 1er trimestre 2026, l’Etat devait prendre en charge un service de la dette de 1 938 milliards de francs CFA dont 221 milliards de francs CFA au titre de l’eurobond émis en 2018. Face à la représentation nationale, le Premier Ministre Ousmane SONKO avait clairement indiqué que son gouvernement respectera tous les engagements du Sénégal auprès de ses créanciers et qu’il n’acceptera jamais une restructuration de sa dette.
Bien que les montants y afférents soient particulièrement alarmants et malgré la suspension du programme du FMI, toutes les échéances du 1er trimestres sont soldées au grand dépit de tous ceux qui espéraient que le Sénégal soit en défaut de paiement.
La déception a conduit certains politiciens comme le député Thierno Alassane SALL à verser dans la désinformation. Avec une totale malhonnêteté intellectuelle et sur la base d’allégations de Financial Times, ce dernier prétend que le gouvernement a caché des emprunts d’un montant de 650 millions d’euros.
Il est inutile de rappeler que cet endettement était autorisé par l’Assemblée nationale dans la Loi de finances 2025 qui a donné au gouvernement la possibilité de contracter des emprunts notamment grâce à des instruments à long et moyen termes libellés en CFA ou en devies.
Il est également inutile de préciser que le TRS (total return swap ou dérivé de crédit sur transfert de rendement) est un instrument admis en finance international et que le Sénégal l’a adossé à des garanties sur obligations pour mobiliser 426 milliards de francs CFA, à des taux beaucoup plus avantageux que ceux appliqués au pays sur les marchés classiques.
Je demande donc à Monsieur SALL de mériter son titre d’honorable député du Sénégal. Qu’il comprenne qu’il y a des questions nationales qui transcendent les clivages politiques et qui requièrent de tous une posture patriotique. La lutte pour notre souveraineté économique et financière exige la mobilisation de tout le peuple autour du gouvernement.
Les Sénégalais doivent prendre conscience de ce qui se joue. Ce n’est nullement un hasard si, ce 27 mars 2026, l’agence de notation Standard & Poor’s a décidé d’abaisser la note en monnaie locale du Sénégal de B- à CCC+ sous prétexte que le budget 2026 sera difficile à tenir. Cette dégradation de la note du Sénégal est faite en ignorant totalement les performances réalisées par l’Etat pour assumer ses engagements. En réalité, il s’agit d’une démarche tendant à saper la confiance des partenaires financiers qui répondent aux différentes levées de fonds que le gouvernement mène avec succès, sans programme du FMI et grâce à des instruments comme le TRS, l’APE (appel public à l’épargne), l’émission de bons du Trésor etc.
Le Sénégal ne cédera jamais et vient de prouver sa crédibilité en levant 304 milliards de francs CFA par APE au titre de l’exercice budgétaire 2026.
Le Président Ousmane SONKO, Président de PASTEF les Patriotes l’a réitéré à Fissel. Nous avons engagé une révolution pour une transformation systémique du pays et rien ne peut entraver cet élan. Notre engagement est un combat pour une Afrique libérée, pour un Sénégal décomplexé, souverain et prospère.
Projet PASTEF, Agenda Sénégal 2050 !
PROS, le Gardien de la Révolution !
Jean Pierre COLY
Administrateur civil,
Membre du MONCAP

