Macky Sall ne deviendra pas secrétaire général de l’ONU.
Le conseiller rapporteur de la Cour de cassation française vient de prendre position pour que la procédure pour crimes contre l’humanité le visant soit transmise à la chambre de l’instruction.
C’est, après trois ans d’obstruction délibérée de l’institution judiciaire française, sur instruction du chef de l’État, une nouvelle porte qui s’ouvre pour faire la lumière sur les faits de 2023.
Le Sénégal dispose de certains des meilleurs juristes au monde.
Pourtant, aucune enquête sérieuse n’a été menée sur les 76 meurtres et plus de 200 actes de torture recensés par le Parquet de Dakar entre mars 2021 et avril 2024, à l’instruction du palais présidentiel.
Cette absence de volonté de poursuites ouvre la voie, par le principe de complémentarité, à l’admission de notre communication au bureau du Procureur de la Cour pénale internationale.
Macky Sall est présumé innocent. Mais la qualification, par le Procureur de Dakar lui-même de ces faits comme « crime contre l’humanité », rend invraisemblable que sa responsabilité ne soit pas engagée.
Il restera à vie marqué par le sang versé.
Et les autorités qui lui ont succédé par leur soutien à ce que d’aucuns qualifient désormais de boucher.
J’ai, en tant qu’avocat, prêté serment d’assister ces victimes.
Cela m’a valu la prison et bien d’autres tentatives de déstabilisation de la part de mes propres autorités, qui ont tout fait pour perpétuer le statut quo, y compris en compromettant l’actuel chef de l’État sénégalais.
Nous n’avons jamais reçu le moindre appui pour mener à bien ces procédures, la moindre compensation financière, le moindre soutien institutionnel.
Que d’aucuns aient cru que, du fait de ces pressions et de cet harcèlement, je plierais, et qu’ils pourraient ainsi atteindre les sommets du monde, est une erreur funeste.
C’est un message que j’adresse d’ailleurs à Emmanuel Macron, qui en soutenant ces bouchers, a cru lui-même qu’il construirait sa propre impunité.
La violence politique, l’instrumentalisation des magistrats, la mise en oeuvre de vils plans pour salir et détruire des opposants, ne mènent les dirigeants qu’à la perte de leur âme et à leur effondrement.
Celui-là le contemple, cet homme qui n’a pas atteint ses cinquante ans.
Je lui promets les cendres sous lesquelles il m’espérait à jamais.
Juan Branco

