La Commission d’enquête sur le programme «un étudiant, un ordinateur» a interrogé hier l’ancien ministre de l’Enseignement, de la Recherche et de l’Innovation.
La Commission d’en‐ quête parlementaire, présidée par le député El Hadji Guèye, a auditionné, ce vendredi 16 octobre 2026 à 15 heures, l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Daouda Ngom, qui a exercé ces fonctions de septembre 2025 à 2026.
Les échanges ont principalement porté sur le rôle du ministère et les responsabi‐ lités des différentes structures impliquées dans la mise en œuvre du pro‐ gramme «un étudiant, un ordinateur».
Prenant la parole, l’ancien ministre a précisé que le programme relevait de la Direction générale de l’Enseignement supérieur (Dges), dotée d’une autonomie financière, et que sa gestion impliquait égale‐ ment la Direction du financement de l’enseignement supérieur (Dfes).
Pr Daouda Ngom a par ailleurs indiqué que le programme ne figurait pas dans le procès‐verbal de passation de service. Selon ses explications, il en a été informé lors d’une audience avec le directeur général de l’Enseignement supérieur et la directrice du financement de l’enseignement supérieur. C’est à cette occasion que ses collaborateurs lui auraient signalé que le programme ne figurait pas dans le plan de passation des marchés.
À la suite de ces informations, le ministre a déclaré avoir instruit la directrice de la Dfes, Pr Mame Penda Ba, de saisir l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) afin de signaler les irrégularités pré‐ sumées dans les contrats liant le ministère aux fournisseurs.
Selon l’ancien ministre, l’Arcop a finalement conclu au non‐respect du plan de passation des marchés et qualifié les conventions concernées d’« irrégulières » dans son rapport.
Abordant la question des dettes envers les fournisseurs, Pr Daouda Ngom a affirmé avoir reçu les repré‐ sentants de Compusys International et d’Oumou Group. Il a indiqué avoir ensuite demandé à la directrice du financement de l’enseignement supérieur d’engager les démarches nécessaires au règlement des sommes dues.
La commission s’est également intéressée à l’allocation de 250 000 Fcfa versée aux étudiants après l’annu‐ lation du marché par la Direction centrale des marchés publics (Dcmp).
Sur ce point, l’ancien ministre a soutenu avoir obtenu l’accord du ministre des Finances avant de prendre cette « mesure exceptionnelle ».
Toutefois, Pr Daouda Ngom a estimé que cette formule devait être repensée. Il a notamment préconisé la mise en place d’une usine d’assemblage d’ordinateurs au Sénégal. Selon
lui, une telle initiative permettrait de réduire les coûts, de favoriser le transfert de technologie et de développer la fabrication locale de pièces de rechange.
Cette audition s’inscrit dans le cadre des travaux de la commission d’enquête parlementaire visant à faire la lumière sur les conditions de mise en œuvre du programme «un étudiant, un
ordinateur », notamment sur ses procédures admi‐ nistratives, contractuelles et financières.
(Gaston Mansaly, Libération)

