En quittant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), le responsable de Pastef Jean Michel Sène n’a pas manqué de solder ses comptes en lien avec l’affaire AEE Power.
« Durant ces deux années, nous avons fait l’objet d’une exposition médiatique rarement connue dans l’histoire de l’institution. Mais nous avons toujours fait le choix de garder notre sérénité, notre dignité et notre ligne de conduite. Au-delà du bruit, du vacarme médiatique, des pressions et des influences de toute nature, il reste, au bout du chemin, une seule chose : la vérité. » Ce sont les mots tenus par Jean Michel Sène en passant le témoin de l’ASER à son successeur, Pape Momar Ngom.
« Et seule la vérité est souveraine. Notre engagement a toujours été guidé par des convictions profondes : la défense des intérêts du Sénégal, la préservation des deniers publics, la lutte contre la corruption et le gaspillage des ressources publiques, contre les inégalités sociales et économiques et surtout contre l’injustice. Cet engagement nous a déjà confrontés à des épreuves beaucoup plus lourdes : des arrestations massives, la prison, la répression, la torture, les mutilations et, plus douloureux encore, la perte de nos frères d’engagement. Alors, face à de telles épreuves, que représentent plus de 300 Unes mensongères mettant en avant ma photographie dans un registre défavorable ? Que représentent quelques commentaires ou quelques calomnies médiatiques ? », s’est interrogé Jean Michel Sène, pour répondre :
« Bien peu de choses. Elles ne sauraient nous faire renoncer à nos convictions, encore moins à notre dignité. Le système que théorise notre parti, le Pastef, et son leader, Monsieur Ousmane Sonko, résiste au changement. Il s’accroche à ses habitudes, à ses intérêts et à ses privilèges. Mais notre conviction reste la même : ce qui appartient au peuple doit revenir au peuple », a-t-il dit en référence à l’affaire AEE Power.
Jean Michel Sène de poursuivre : « Pour reprendre l’image biblique, il faut rendre à César ce qui est à César, donc rendre au peuple ce qui lui revient. Nous savions, dès le début, que cela ne se ferait pas sans résistance. Mais seul le peuple nous oblige. Dans ce service au peuple durant ces deux dernières années, personne, je dis bien, personne ne nous prendra à défaut. L’ intégrité et la dignité ont toujours guidé nos choix, y compris le choix qui a déclenché notre départ à la tête de l’ASER. »
M’est alors revenue à l’esprit cette parole de saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens, chapitre 4, verset 7 : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » Elle nous invite à la modestie lorsque Dieu nous gratifie d’une responsabilité, et à la gratitude lorsque vient le temps de la quitter ou d’être appelé à une autre mission. « Tout est grâce », en effet. « Lépp ag grâce la, fieel ko moom Yalla sunu borom ».
✍️ Diack Sall

