Il a été insulté, caricaturé, calomnié, traîné devant les tribunaux, abandonné par certains, combattu par d’autres. Il a perdu des compagnons de route. Des gens qui hier encore parlaient de solidarité, de fraternité et de combat commun ont fini par devenir ses adversaires les plus acharnés.
Et aujourd’hui, le plus cruel dans cette histoire, c’est de voir certains de ceux pour lesquels il s’est battu hier se retourner contre lui.
Diomaye en premier.
L’homme avec lequel il a partagé les années difficiles. Celui qu’il a porté politiquement jusqu’à la magistrature suprême. Celui pour lequel des milliers de Sénégalais se sont mobilisés.
Et maintenant, une partie de ceux qui se réclament de Diomaye passe son temps à attaquer Sonko, parfois avec une violence qui dépasse largement la simple divergence politique.
Il y a ensuite les anciens compagnons devenus adversaires, l’opposition qui attend la moindre faille, certains médias qui le mitraillent quotidiennement, une partie de la société civile, des commentateurs et désormais de nouveaux mouvements politiques qui se construisent précisément dans l’affrontement avec lui.
Tout le monde semble avoir quelque chose à lui reprocher.
Il a fait des erreurs. Il a fait de mauvais choix. Il a nommé des gens qui l’ont déçu.
Il a pris des coups avant beaucoup de ceux qui parlent aujourd’hui.
Et certains qui l’attaquent confortablement depuis leurs bureaux doivent au moins se souvenir d’une chose :
quand beaucoup avaient peur de parler, lui était déjà au front.
Alors oui, Sonko doit être critiqué.
Mais qu’on le critique sur ses actes, ses résultats et ses erreurs.
Qu’il ne cherche donc pas à plaire à tout le monde.
Qu’il travaille.
Qu’il corrige ses erreurs.
Qu’il écarte les incapables, même lorsqu’ils sont proches.
Et surtout, qu’il ne laisse personne lui faire oublier pourquoi des millions de Sénégalais avaient placé leur espoir dans ce combat.
Parce qu’au bout du compte, les trahisons politiques passent. L’histoire, elle, reste.
Cheikh Fatou Gueye

