Nommé Premier ministre le 25 mai 2026, Ahmadou Al Aminou Lô arrivera, le 25 août prochain, au terme des trois mois évoqués par le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour la présentation de sa Déclaration de politique générale (Dpg). Or, à 24 heures de cette échéance, aucune date officielle n’a encore été annoncée pour la Dpg.
Au-delà du 25 août, sans Dpg, le Pm Al Amine Lô serait-il en flagrant délit de violation des lois et règlements du pays ? Pour Alioune Souaré, ancien député et spécialiste des questions parlementaires, interrogé par L’OBS, les textes sont pourtant suffisamment explicites.
Il s’appuie d’abord sur l’article 55 de la Constitution, qui consacre l’obligation faite au Premier ministre de présenter sa politique générale devant les députés après sa nomination. À cette disposition constitutionnelle s’ajoute, selon lui, l’article 109 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale (Rian), lequel précise les modalités de mise en œuvre de cette obligation.
«L’article 55 pose le principe et l’article 109 détermine la mise en œuvre», explique-t-il. Dans son dernier alinéa, l’article 109 prévoit, selon l’ancien député, que la Dpg doit intervenir «au plus tard trois mois après l’entrée en fonction du gouvernement». Le même dispositif prévoit que l’Assemblée nationale doit être informée au moins huit jours avant la date retenue. Dès lors, le compte à rebours est, à ses yeux, parfaitement identifiable.
Le débat ne s’arrête toutefois pas à la question du délai. Une interrogation plus lourde se pose : que se passe-t-il si le Premier ministre dépasse cette échéance ? Sur ce point, Alioune Souaré reconnaît une faiblesse majeure du dispositif juridique sénégalais. Les textes consacreraient l’obligation sans prévoir explicitement la sanction applicable en cas de non-respect. Autrement dit, l’éventuel dépassement pourrait constituer une violation, sans pour autant entraîner automatiquement une sanction juridique déterminée. «Les textes sont muets. Il n’y a aucune sanction», constate-t-il. Cette situation révèle, selon lui, une lacune de l’arsenal institutionnel sénégalais.
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